91,384 km/h
224,92 km/h
112 km/h

Le projet 2008.

Une année d’observation ? Tu parles…

Oui, 2008 devait initialement être une année d’observation.
Il s’agissait de préparer la participation 2009 de Saline Warrior, à savoir se rendre sur la course… pour voir. Quel niveau de préparation et de performance, quid de la sécurité et des exigences en matières de contrôles, …? Bref, l’état de l’art, comme on dit.

Quitte à y aller, nous n’allions pas partir les mains vides. D’où l’idée d’emporter quelque chose de léger et de petit : une Mob. Et pas n’importe laquelle, une Mobyx Motobécane, il y a déjà la poignée de transport sur le cadre !! En plus, on démonte la selle et le guidon, on pose une mousse sur le porte-bagage en guise de selle, des bracelets sur la fourche, et hop, on est au raz du sol et on roule vite. Tout ça avec peu de moyens à mettre en œuvre, ce qui laissera beaucoup de temps pour… observer.

Sans trop d’efforts ? Ben…

Décision est prise d’inscrire Frank comme sociétaire SCTA, ce qui permettra (entre autres) de disposer des « rules ». Le petit livret (246 pages avec les pubs, quand-même) liste toutes les catégories autos et motos, et surtout détaille point par point toute la réglementation. En anglais.

Après étude du précieux ouvrage, il s’avère rapidement qu’un cyclo de 1970, même préparé, va se retrouver à la lutte avec des Aprilia et autres Honda 50cc à vitesses. Bon, on y va en observateurs, ça ne veut pas dire qu’il faut se faire ratisser, non plus !!
Donc, re-belote, il faut trouver comment être compétitifs sans trop d’efforts. C’est alors que la catégorie Vintage nous apparaît comme évidente. La limite est décembre 1955, date à laquelle la Tobec française commence à bénéficier de toutes les caractéristiques d’une bête de course en puissance. Ou plutôt d’un engin qui, avec un minimum de préparation, devrait s’avérer performant. D’autant que l’idée d’un side-car nous trotte bizarrement dans la tête, et qu’aucun record side-car Vintage 50cc n’a pu être établi durant toutes ces années de course.

Trois ?

C’est là que tout s’explique. Pourquoi tenons-nous depuis le début à faire un side-car ?
La raison, obscure, ne nous est pas connue, et nous allons mettre un moment à trouver l’explication. Ca nous habite, mais ce n’est pas conscient.
Et c’est un matin, au rasage, que tout jaillit : tout simplement parce qu’un side-car possède trois roues, comme… comme… comme… Saline Warrior !!
En effet, Saline Warrior est une Reliant Rialto, un « three-wheeler » comme disent nos amis anglais.
Frank prend son téléphone, fait part de sa découverte à Gilles, accompagné d’une théorie numérologico-alambiquée qui tendrait à prouver que le chiffre 3 est omniprésent dans le projet. Ce à quoi Gilles ne trouve rien de mieux que de lui répondre qu’il faut donc partir à Bonneville… trois années de suite, avec trois véhicules à trois roues !
Ca en refroidirait plus d’un, mais eux, ils trouvent ça séduisant, et appellent vite fait Jean et Yann pour leur apporter la bonne parole.

Ca se précise… ça se complique…

Bon, une side Vintage 50cc.
Frank commence à dessiner des croquis partout, avec des pilotes toujours plus couchés sur des drôles de tas de tubes. Il faut en effet concevoir un engin « dans l’esprit » de la catégorie Vintage. Pas question de châssis carbone ou luxe du même style. Non seulement on veut faire simple, mais ça ne collerait pas avec un moteur de 1955, même si le jeu des classes permet tout à fait de propulser un engin moderne avec un moteur vintage, et vice-versa.

L’idée germe donc de fabriquer le cadre solo à partir de 2 cadres AV32 raboutés : la partie arrière sans tube de selle, rattachée à une partie avant retournée pour augmenter la chasse et diminuer la hauteur. Comme ça on atteint la limite d’empattement minimale imposée. Après quoi on met des roues de 16, pour diminuer la hauteur, on attelle un treillis formant le « panier », et ça roule…
Ben tiens, c’est comme si c’était fait… sauf que le stock de mobylettes AV32 et autres est… nul. C’est parti, on se branche sur eBay, et on commence à achète des pièces et des mobs. D’où une période où de nombreux vendeurs eBay ont eu à répondre à des questions du type « quelle est l’année portée sur la plaque de culasse de votre moteur ? », ou « pouvez-vous me confirmer que vos roues de Cady sont bien des 16 pouces ? ».

Le virage ? A Bonneville ?

Les moteurs de la bonne année et les cadres qui vont bien commencent à s’entasser (toutes proportions gardées), mais il subsiste un point important : qui de nous 4 s’y connaît en prépa 49,9 ?
La réponse est facile : aucun des 4. Gilles, qui va tout naturellement devenir le responsable des partenariats, passe chez Daniel, un (super) mécano qui sait tout faire et qui lui restaure une Martini 1969 de Formule France.
Dans la conversation, Gilles évoque cette idée de 50 à Bonneville, et là c’est le virage : un autre visiteur lui donne les coordonnées d’un copain qui, dit-il, « est vraiment la personne de la situation ».
Il y a des fois où il faudrait rester chez soi. Non pas que ces personnes soient de mauvaises fréquentations, mais pour ce qui est du « sans trop d’efforts » du départ, ça va très vite dériver !

Happés.

La personne en question, c’est Didier. Il a couru en circuit en 50 à l’époque, en Motobécane en plus, et il opère maintenant en cross : c’est LE préparateur des 80 Kawa. Son domaine, c’est le 2 temps à 2 chiffres de cylindrée. Gilles le rencontre, et recueille tous les tuyaux et toutes les astuces qui devraient nous permettre de monter nous-mêmes notre moteur. Didier veut bien se charger du travail sur les lumières, pour le reste, il n’a pas assez de dispos mais nous aidera.

Sauf qu’après réflexion, il décide de s’approprier toute la parte moteur, et propose même d’en faire deux. Nous voilà « happés ». Il va en effet très vite s’avérer que Didier est un pro, et que le niveau d’exigence est élevé. Recherche des pièces, visites régulières, nous allons rapidement comprendre que notre partie cycle devra être à la hauteur.
A la hauteur, c’est le cas de la dire : c’est Didier qui va notamment suggérer un test moteur en altitude. Test que nous feront par la suite (17 mai) à Bonneville… Haute-Savoie.

Ça va bien se passer.

De motivés, nous voilà maintenant gonflés à bloc.
Nous échafaudons un planning, qui va permettre, en théorie, de construire un châssis, l’équiper avec le 1er moteur de Didier, faire 3 grosses séances de tests, amener la partie cycle à Daniel pour qu’il nous fasse la même « en vrai », re-séance de validation définitive, on démonte, on met en valises, et on part casser la baraque aux US. Simple, non ?!

Eh bien nous pouvons dire aujourd’hui que « ça se passe bien », en grande partie grâce à tous ces amis, Didier, Daniel, François, Corinne, Gégé, Marc, Yann B, le carnet d’adresses de Jean (sous-traitants et copains motos), …
Chacun d’eux est épaté par la façon dont nous avançons, sans se rendre compte que, dans son domaine, il apporte beaucoup à cette entreprise.